Simultanément à l’exposition itinérante qui a été installée dans chaque commune de la CdA, six réunions intercommunales ont été organisées. Elles avaient pour objectif de débattre avec les habitants sur le diagnostic du territoire. Au total, 340 personnes ont participé à ces réunions. Elles sont un complément nécessaire aux grandes réunions publiques annuelles, comme celle du Forum des Pertuis de mars 2007. En effet chaque réunion a rassemblé entre 40 et 100 personnes, ce qui permettait à chaque participant de s’exprimer.
Animées par Suzanne Tallard, ces réunions ont rappelé brièvement l’objet du SCOT et les principaux éléments du diagnostic afin d’ouvrir plus largement sur les grands enjeux du territoire qui se dessinent aujourd’hui. Cette présentation a suscité naturellement le débat.
La nécessité de limiter la consommation de l’espace et le coût croissant des dépenses énergétiques favorisent une plus grande « densité » dans l’aménagement. Il ne s’agit aucunement de reproduire les formes de densification des années 60 mais de favoriser par exemple la construction de petits immeubles ou de maisons de villes.
La densification est aussi une réponse à la hausse du prix du foncier. Ce sujet a souvent été abordé lors des réunions ainsi que le rôle des outils pouvant maîtriser cette hausse, comme les ZAC ou les EPF.
Enfin les logements sociaux sont aussi une grande préoccupation des habitants, le nouveau PLH de l’agglomération qui s’appliquera à partir de 2008 en articulation avec le SCOT, sera plus ambitieux en terme de création de logements sociaux dans les nouvelles opérations immobilières.
La cherté du carburant, les difficultés de circulation, le réchauffement climatique ont été soulignés dans toutes les réunions.
L’augmentation du coût de l’énergie et la saturation des voies routières amènent la CdA à développer des moyens de transports alternatifs à la voiture. Des réflexions sont en cours afin d’exploiter le potentiel de l’étoile ferrée et d’améliorer la desserte en transports en commun, qui aujourd’hui sont insuffisants.
La réflexion doit même aller plus loin et proposer des solutions visant à réduire les déplacements eux-mêmes d’où l’intérêt de rapprocher les zones d’activités économiques et d’habitat.
La présentation des chiffres sur l’augmentation du nombre d’emplois dans l’agglomération surprend encore certains habitants qui pensent que le taux de chômage reste élevé. Cependant, depuis 1995 de nombreux emplois se créent dans les domaines des services, de l’industrie, du nautisme, de l’agroalimentaire, etc. soit 1 200 nouveaux emplois par an.
Des questions ont été posées sur les lieux d’implantation des futures zones d’activités. Cette réponse ne sera apportée qu’au moment du choix du scénario de développement retenu.
La préservation d’un territoire où coexistent des espaces agricoles, des zones propices à la biodiversité et des zones consacrées à l’habitat a été un sujet abordé par les habitants. La CdA réfléchit à organiser des corridors de biodiversité, afin de préserver la multiplicité des formes de vie sur l’agglomération et des « coupures vertes » afin de laisser « respirer » les lieux urbanisés. Des réflexions sont également en cours afin d’imaginer comment conserver l’agriculture périurbaine et quelle forme elle prendra.
Le SCOT n’a pas vocation directe à imposer la création d’équipements publics sur un territoire, néanmoins en fonction de la stratégie d’aménagement choisie, il pourra inciter à la création de ces équipements.
De nombreuses questions ont été posées dans ce domaine, surtout concernant les équipements à destination des personnes âgées. Un groupe de travail du Conseil de Développement réfléchit actuellement sur le thème du vieillissement de la population.
Néanmoins, les données de l’INSEE montrent que, contrairement aux idées reçues, l’agglomération attire au moins autant de personnes actives que de retraités. Il faudra répondre aux besoins de ces nouveaux habitants dans leur diversité.
Enfin, des questions ont été posées sur l’objet même du SCOT. Comment organiser une réflexion partagée entre les communes ? Quels liens avec les PLU actuellement mis en œuvre dans certaines communes de l’agglomération ? Un travail existe-t-il avec les pays voisins afin d’avoir un véritable projet cohérent ?
En réponse à ces interrogations, des explications ont été fournies sur la volonté des élus communautaires de créer une véritable politique à l’échelle de l’agglomération et former un consensus entre toutes les communes.
Il a été nécessaire de préciser l’articulation entre SCOT et PLU. Le PLU s’applique à l’échelle communale tandis que le SCOT concerne toute l’agglomération. Une fois le SCOT adopté, les communes auront trois ans pour mettre leur PLU en compatibilité avec le document. De plus, le SCOT ne détermine pas à la parcelle les espaces à urbaniser contrairement aux PLU.
Enfin, il a été rappelé que des discussions étaient en cours avec les pays voisins, qui font d’ailleurs partie du comité de pilotage du SCOT de la CdA ; elles doivent s’intensifier après les élections municipales de mars 2008.
Pour conclure, le SCOT aura pour finalité de trouver une cohérence entre toutes les politiques sectorielles. Lors de ces réunions, Mme Tallard a précisé que pour atteindre ce but il faudra réfléchir à un développement qui consomme moins d’espace, tout en préservant les ressources naturelles. Par exemple, les problématiques des transports en commun ou des corridors de biodiversité devront être pensées en amont de toute nouvelle urbanisation.
Un choix sera à faire sur les sites stratégiques à développer et l’identité générale que l’agglomération souhaitera préserver.
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